6.
Un château dans la ville
Le visage de Tobias avait beau être pâle depuis le début du cataclysme, cette fois Matt le vit devenir crayeux.
— Quoi ? jeta-t-il, oppressé.
— Le pont… il… il… il est infesté de mutants ! bafouilla Tobias sans lâcher ses jumelles. Au moins… cent ! Mais… ils sont cinglés ! Ils se tapent dessus… ça grouille !
— D’accord, au moins on le sait : ne pas s’approcher du pont, tenta de relativiser Matt.
— Et si c’était comme ça avec tous les autres ponts ? Manhattan est une île, non ? On va rester coincés ici jusqu’à ce qu’ils finissent par nous trouver ?
Matt leva les mains en signe d’apaisement :
— Tobias, il faut que tu te contrôles, c’est important. Si on panique, on ne s’en sortira pas. OK ?
Tobias rangea ses jumelles en hochant la tête.
— Oui, tu as raison. Je me contrôle. Je me contrôle.
Matt n’était pas sûr qu’il tienne longtemps en se le répétant mais si ça pouvait marcher au moins quelques heures c’était bon à prendre. Le temps de trouver un abri, et d’autres rescapés, espérait-il. L’union fait la force, non ? Faut qu’on se regroupe, le plus possible.
— Tu sais quoi ? dit-il. On va retourner au cœur de la ville et chercher un endroit où se cacher. Avec un peu de chance, sur le chemin, on croisera les autres…
Il s’interrompit en voyant le visage grimaçant de Tobias.
— Qu’est-ce qu’il y a ?
— Tu vois, je me contrôle, hein ? articula-t-il, crispé des pieds à la tête.
Tobias commençait à lui faire peur. Matt capta son regard, le suivit, et se retourna.
Au loin, vers le nord, tout l’horizon était noir. Non pas comme des nuages, mais à la manière d’un mur de ténèbres qui avançait.
— Oh ! la vache ! murmura Matt.
Des dizaines d’éclairs serpentaient à l’intérieur et, contrairement aux orages habituels, ils ne disparaissaient pas après une ou deux secondes, bien au contraire, ils continuaient de briller pendant qu’ils se déplaçaient sur le sol.
— On dirait… on dirait qu’ils fouillent les rues ! constata Matt.
— Et ils viennent par ici.
Le mur était encore loin et n’avançait pas vite. Matt estima qu’ils disposaient peut-être d’une heure avant qu’il ne soit sur eux.
— J’ai une idée ! s’exclama Tobias, on n’a qu’à aller à la banque où travaille mon père ! Il y a un énorme coffre-fort au sous-sol, je parie qu’avec tout ce qui s’est passé et l’absence d’électricité, finit ! plus d’alarme ni rien, on devrait pouvoir s’y abriter. Ces fichus éclairs ne pourront descendre aussi bas dans la terre et traverser la porte.
— Faut pas rêver, on ne pourra jamais entrer là-dedans, il doit être verrouillé ton coffre !
— Non, justement, mon père m’a raconté qu’en ce moment ils faisaient des travaux, plus d’argent, plus rien, il est grand ouvert !
Matt ne semblait pas convaincu mais le grondement qui cette fois roula jusqu’à eux lui rappela l’urgence de la situation.
— Ça marche, céda-t-il. Faut pas traîner, on y va à pleine vitesse.
— Si on veut prendre le chemin le plus rapide, faut traverser Central Park.
Matt se crispa. Sillonner l’immense parc qui découpait une bande de végétation dense au milieu de la ville ne l’enthousiasmait guère. En pleine journée, l’endroit pouvait parfois être angoissant avec ses labyrinthes de sentiers, son lac d’eau grise et ses rochers aiguisés, alors maintenant que tout était possible, il n’osait imaginer ce qu’ils pourraient croiser !
— On ne traînera pas, dit-il, c’est drôlement sauvage là-bas.
Ils échangèrent un regard entendu et se mirent aussitôt en route. La banque était à plusieurs kilomètres, il fallait se presser.
Chemin faisant, Tobias demanda :
— Nos parents, tu crois qu’ils sont…
— Toby, je préfère ne pas en parler. Pas maintenant.
— D’accord. Je comprends.
Leurs souffles cadencés exhalaient des bouffées de vapeur qui s’évaporaient, s’accélérant à mesure que leur vitesse augmentait. Ils débouchèrent dans la Cinquième Avenue qui bordait Central Park et Matt fut stupéfait de ne découvrir aucun véhicule sur cet axe qui perforait la ville de part en part. Rien qu’un goulet d’acier et de verre, avec son molleton de neige, et personne en vue.
Où sont donc passées toutes les voitures ? Quel genre de tempête peut vaporiser les gens et tous les engins en laissant le reste ? s’interrogea Matt.
En y regardant de plus près, il s’avéra que ce n’était pas tout à fait vrai : des formes humaines se déplaçaient très loin au sud. Les jumelles le confirmèrent : un groupe de personnes avançait lentement vers eux, à plusieurs kilomètres.
— De mieux en mieux, ironisa Matt. Ce sont des mutants, ils sont encore à bonne distance, mais il ne faut pas rester là sans quoi on sera pris en tenaille entre eux et la tempête.
La lisière du vaste bois était pleine d’ombres tremblantes. Matt savait que, même en le traversant dans sa largeur, il fallait couvrir un kilomètre, ce qu’il estimait très long pour un endroit aussi peu accueillant.
Lorsqu’ils s’engagèrent dans l’avenue, ils furent entraînés par un vent puissant qui leur plaqua les vêtements au corps. Ils passèrent de l’autre côté malgré tout, escaladèrent un petit muret pour déboucher dans le parc, et aussitôt le souffle rugissant s’estompa. Ici la neige avait été en grande partie repoussée par les frondaisons des arbres et elle ne montait pas plus haut que le mollet, ce qui soulagea les deux garçons aux jambes douloureuses.
— Je propose qu’on longe l’avenue vers le sud pour contourner le lac, ensuite on pivotera pour ne pas tomber sur les mutants et, au cœur du parc, on débouchera non loin de la banque, ça te va ? suggéra Matt.
Tobias s’en remettait totalement à son compagnon, il avait l’impression que son propre esprit ne discernait plus la réalité avec la même acuité que d’habitude. Était-ce cela « l’état de choc » ? Ou tout simplement la fatigue ?
Au grand soulagement de Matt, ils ne virent rien d’alarmant dans les profondeurs de Central Park. Ce qui était bien plus troublant en revanche, provenait du nord, sous la forme d’une montagne d’encre qui emplissait tout le ciel et se rapprochait, avec ses éclairs qui sondaient les rues.
— Faut presser le pas, ordonna-t-il.
Matt ne savait plus si le vent s’était réellement calmé ou s’ils étaient à l’abri de la végétation, néanmoins il appréciait ce répit, marcher contre les rafales glaciales les avait épuisés, sans parler du sifflement qui bourdonnait encore à leurs tympans.
Soudain la forêt s’illumina d’un flash bleu qui retomba aussitôt.
— Oh, non, gémit Tobias. Les éclairs ! Ils sont déjà là !
— Plus vite, Toby, plus vite.
Ils forcèrent sur leurs jambes lourdes, zigzaguant entre les troncs bruns. La lumière déclinait alors qu’il ne devait pas être plus de trois heures de l’après-midi. Le mur noir commençait à les surplomber. Matt les guidait depuis qu’ils avaient quitté le chemin, il s’en remettait à son sens de l’orientation, espérant ne pas se tromper. Ils évoluaient dans une véritable forêt, difficile de croire qu’ils étaient au cœur de New York, et en dehors de quelques rochers ou quelques arbres singulièrement élevés, il n’avait aucun repère.
Le tonnerre se mit à claquer derrière eux. Ça y est, cette fichue tempête est sur nous, songea Matt avec inquiétude. On n’aura jamais le temps d’atteindre la banque ! Depuis le début il se doutait que ce n’était pas un bon plan. Il nous faut une solution de repli.
L’environnement était une friche de buissons et de branches basses, pas vraiment la cachette idéale pour essuyer une pareille tempête. Un flash bleu ouvrit le ciel dans leur dos. Nouveau coup de tonnerre. L’air devenait électrique, il sentait les poils de sa nuque se soulever. Elle était toute proche, ce n’était plus qu’une question de minutes tout au plus, avant qu’ils soient submergés. Une petite brise apparut, faisant clapoter la capuche de Tobias contre ses épaules, puis elle prit sa force, et soudain se mua en un souffle brutal qui manqua les renverser. De la neige s’arracha du sol et se mit à tournoyer autour d’eux, les arbres grincèrent et les branches s’agitèrent si violemment qu’elles devinrent autant de menaces.
Agrippés à leurs manteaux, ils pressèrent le pas en se donnant la main, front baissé.
Ils écartèrent un bosquet de hauts roseaux et un petit lac apparut. En face, construit sur un rocher rouge se trouvait un château, comme ceux des films de Fantasy. Un kiosque construit sur des colonnes de pierre en marquait l’entrée, suivi d’une cour et du bâtiment principal, flanqué d’un donjon lui-même surmonté d’une haute tour.
— Le château du Belvédère ! s’écria Tobias. On pourrait s’y abriter, je crois qu’on n’arrivera jamais jusqu’à la banque !
— C’est exactement ce que je pensais ! cria à son tour Matt par-dessus le vent.
Trois éclairs consécutifs venaient de fendre le ciel, il faisait nuit. La neige virevoltait, déversant des vagues blanches sur les deux garçons.
Ils contournèrent l’étang en se recroquevillant pour offrir le moins de prise possible à la tempête qui tentait de les balayer. Matt aperçut alors une meute de chiens qui couraient, les crocs à l’air, pour fuir la tempête. Il poussa son ami pour le faire accélérer. Tobias grimpa les marches et passa le premier sous le kiosque du château. Le vent hurlant s’engouffra dans l’édifice, un phénoménal coup de tonnerre fit trembler les murs et Matt, en haletant, referma la porte derrière lui.
Ils virent les fenêtres s’assombrir et en une seconde la chape de ténèbres recouvrit la ville.
Matt entendit la respiration saccadée de son ami, puis il reconnut le bruit d’un sac que l’on fouille. Tobias alluma la lampe qu’il venait d’extirper de ses affaires.
— J’a… J’arrive pas à le croire, souffla-t-il en éclairant devant lui. On a réussi.
Une bourrasque vint secouer la porte, faisant sursauter les deux adolescents.
— Et maintenant ? interrogea Tobias. Qu’est-ce qu’on fait ?
Matt ôta sa besace qui lui meurtrissait l’épaule et la hanche, défit les sangles de son épée et, à son grand soulagement, libéra son dos de leurs poids. La lame tinta en touchant le dallage.
— On n’a pas le choix, je crois. Faut attendre que ça passe, confia-t-il.
Mais il s’était raidi, l’oreille aux aguets.
Il se pencha pour ramasser son épée qu’il sortit du baudrier et la leva devant lui. Ses muscles se contractèrent, après tous les efforts qu’ils venaient de fournir, il ne pourrait pas la maintenir ainsi longtemps.
— Rien ne prouve que nous sommes seuls ici, chuchota-t-il tant bien que mal, dans le vacarme de la tempête. C’était ouvert.
Tobias sursauta comme s’il venait de recevoir un caillou sur la tête.
— Dis pas ça, je veux pas ressortir !
Matt explora la vaste salle, Tobias à ses côtés pour l’éclairer. Les murs étaient en pierre tandis que des meubles d’un vert pâle ou d’un orange brun exposaient des instruments d’observation : longue-vue, microscope et guides de la faune visible dans Central Park. À l’étage, ils inspectèrent une quinzaine d’oiseaux empaillés et montèrent par l’escalier en colimaçon jusqu’au sommet de la tour : une porte donnait sur une terrasse, mais ils se contentèrent de redescendre sans s’y rendre, n’ayant aucune envie de laisser entrer le froid et la neige. Rassuré, Matt déposa sa précieuse arme sur un buffet et vint se poster près d’une fenêtre en ogive.
— Je vois les éclairs qui fouillent, ils ne sont pas très loin, dit-il.
Matt se rendit compte que sa voix tremblait un peu. Il inspira profondément pour essayer de se calmer. De toute manière, ça ne sert à rien de paniquer. Pour l’heure, il fallait se réchauffer, leurs pantalons étaient trempés.
Tobias venait d’extraire trois bougies de son sac à dos. Il les alluma et les disposa dans la pièce.
— Je les ai prises avant de partir, réflexe de scout. Tu vois, c’est pas si mal les scouts !
— J’ai jamais pensé le contraire, répondit Matt doucement, sans le regarder. C’était juste un truc entre Newton et moi, pour te charrier.
— Ah.
Tobias parut blessé à l’idée que ses amis s’étaient alliés pour le taquiner.
— Tu crois qu’il est… je veux dire : Newton, tu penses qu’il est devenu un de ces mutants ?
Matt continuait de guetter la progression de la tempête.
— Non, je ne crois pas. J’ai l’impression que les mutants sont des adultes. Ils sont grands, assez costauds. La nuit dernière des gens se sont volatilisés et d’autres se sont transformés en ces créatures dégoûtantes. On dirait que les seuls rescapés pour l’instant ne soient… que des enfants, ou des ados.
Tobias se pencha pour fixer une flamme. Elle lui réchauffait le nez.
— Tu crois que le monde va rester ainsi ? marmonna-t-il d’une voie tremblante à son tour. Qu’on ne reverra plus jamais nos parents, nos copains ?
Matt ne répondit pas, la gorge nouée. Face à son silence, Tobias se tut à son tour et ils attendirent sans bouger, les jambes humides, pendant que la tempête frappait Manhattan, recouvrant l’île de son manteau obscur. Seuls les éclairs illuminaient les immenses façades mortes des buildings. Matt eut l’impression d’être au cœur d’une ville fantôme. Un cimetière architectural. Les éclairs jaillissaient du sol, se promenaient pour sonder les rues et l’intérieur de quelques bâtiments, comme au hasard, puis disparaissaient avant de se reformer plus loin.
— Ils se rapprochent, avertit Matt après deux heures de veille. L’espèce de gros nuage noir est arrivé en avance sur eux. Je me demande ce que ça peut être.
— Moi j’en m’en fiche, tout ce qui m’intéresse c’est de comprendre pourquoi tout le monde a disparu. Et où ils sont.
Deux éclairs se matérialisèrent dans la forêt de Central Park, mais Matt ne parvenait pas à les distinguer clairement.
— Je monte, de là-haut je les verrai mieux, prévint-il.
Il se posta au sommet de la tour, contre une fenêtre ronde, à côté de la porte conduisant sur la terrasse. De là, il vit l’un des deux éclairs qui avançait et peu à peu se rapprochait d’eux, son extrémité se divisant en cinq petites ramifications de foudres.
— Ce sont vraiment des mains, murmura-t-il pour lui-même.
Son estomac se vrilla lorsqu’il vit que l’éclair venait à présent droit sur eux en clignotant. Ils étaient sans défense, se cacher dans une armoire ne servirait à rien, ces choses glissaient sur le sol et s’insinuaient partout. La longue main bleue ne cessait de trembler, perdant de son intensité par à-coups. Elle se mit à ralentir, et Matt n’en crut pas ses yeux lorsqu’elle se recroquevilla sur elle-même avant de disparaître en laissant un petit sillon de fumée. L’autre éclair endura le même traitement au loin dans le parc. C’est alors qu’il en remarqua un troisième qui tentait d’entrer dans la forêt et qui subissait le même sort. Ils ne supportent pas la forêt, on dirait ! triompha Matt. Un mouvement plus discret attira son attention au pied du château : un groupe de singes couraient et sautaient dans un arbre. Matt dévala les marches pour retrouver Tobias :
— Bonne nouvelle : j’ai l’impression que les éclairs ont du mal à progresser dans la végétation, mauvaise nouvelle : des babouins campent devant la porte.
— Des babouins ? répéta Tobias, incrédule.
— Je te le jure, je n’ai pas rêvé, des singes en plein hiver, à New York.
Tobias claqua des doigts.
— Bien sûr ! Ils viennent du zoo de Central Park !
— Ah ? Et il y a des animaux dangereux là-bas ? Parce qu’on dirait bien qu’ils se sont échappés.
— Déjà les babouins ne sont pas des singes très sympathiques, ils peuvent nous attaquer s’ils nous repèrent, je l’ai vu dans un reportage télé. Mais un danger, ça oui, et de taille : ils abritent des ours polaires dans ce zoo. Eux, s’ils ont faim, on est mal !
Matt soupira. Il ne manquait plus que ça.
— Alors qu’est-ce qu’on fait ? demanda Tobias.
— On attend que la tempête passe, proposa Matt. T’as une meilleure idée ?
Tobias secoua la tête.
— On va passer la nuit ici et on verra demain matin, approuva-t-il.
Sur quoi il se leva et tira un bureau devant la porte d’entrée.
— Voilà…, souffla-t-il après l’effort. Ça bloquera les indésirables le temps de nous organiser, au cas où…
Pendant que les éléments continuaient de se déchaîner au-dehors, les garçons mangèrent leurs sandwiches au beurre de cacahuètes, sans percevoir si la nuit était tombée ou non, la vraie, au-delà du nuage poisseux qui dominait leurs têtes. Les éclairs, eux, continuaient d’arpenter les avenues, de grimper à l’assaut des constructions avant d’en ressortir en laissant une fumée blanche de mauvais augure. Au bout d’un moment, Matt sentit mordre le froid et il ouvrit tous les placards à la recherche de vêtements secs. Il trouva des vieilles couvertures dont ils s’emmitouflèrent après avoir retiré leurs pantalons qu’ils mirent à sécher devant les bougies, ce qui leur parut bien maigre mais mieux que rien.
Tobias s’endormit le premier, roulé en boule dans ses couvertures, sous la table. Matt quant à lui préféra rester près de la fenêtre. Il s’estimait chanceux que Tobias soit avec lui. Seul, il serait devenu fou. Avec Tobias, c’était différent. Il était comme son frère. Leur amitié remontait à l’école primaire. Un jour, Matt avait aperçu ce petit garçon frêle en train de pleurer. La mère d’une de leurs camarades venait d’interdire à sa fille de jouer avec lui sous prétexte qu’il était noir. Matt avait du même coup découvert le racisme. Et son meilleur ami. Il l’avait consolé et depuis ils ne s’étaient plus quittés.
Le visage de ses parents se dessina dans ses pensées. Les larmes montèrent en même temps. Que leur était-il arrivé ? Étaient-ils morts ? Et pour la première fois depuis le drame, de violents sanglots le secouèrent, jusqu’à l’épuisement.
Il veilla tard, jusqu’à ce que ses paupières se ferment d’un coup.
Il rouvrit les yeux en grelottant. Les bougies s’étaient toutes éteintes. Il faisait aussi sombre dans la pièce qu’à l’extérieur. Matt resserra la couverture autour de lui, il avait mal au dos à dormir ainsi sur ce plan de travail en bois. Il allait se tourner pour repartir dans son sommeil lorsqu’il capta une lueur du coin de l’œil.
Il redressa la tête et regarda par la fenêtre.
Des dizaines de lumières se promenaient en silence dans la nuit.